Après PhysioTool et Echo-Bones, EchoFinder s’apprête à rejoindre la liste des expériences françaises menées à bord de la Station spatiale internationale par Sophie Adenot. Développé par le CNES en partenariat avec le MEDES, ce projet vise à transformer profondément la pratique de l’échographie en milieu spatial, en la rendant totalement autonome, sans assistance en temps réel depuis la Terre.
Se préparer aux missions lointaines
Depuis plus de quarante ans, l’échographie est le seul outil d’imagerie médicale disponible pour les astronautes. Jusqu’ici, les examens sont réalisés sous le guidage vocal d’un expert resté au sol, une méthode efficace mais fortement dépendante des communications. EchoFinder entend lever cette contrainte en s’appuyant sur l’intelligence artificielle et la réalité augmentée, afin de permettre aux équipages de réaliser eux-mêmes des examens fiables, même sans formation médicale spécifique.
Cette autonomie devient indispensable à mesure que les missions spatiales s’éloignent de la Terre. Sur Mars, les communications peuvent subir jusqu’à 22 minutes de délai aller, rendant toute télé-assistance médicale impossible. EchoFinder a été pensé précisément pour ces scénarios. L’objectif est de rendre l’échographie autonome, afin que l’astronaute soit capable de la réaliser sans expertise médicale et sans assistance depuis la Terre, explique Aristée Thévenon, ingénieur biomédical au MEDES.
Un geste médical guidé comme un jeu vidéo
Concrètement, l’astronaute est guidé par une interface projetée sur une tablette. Le logiciel affiche des repères visuels en réalité augmentée que l’utilisateur doit aligner pour positionner correctement la sonde. Un approche proche du... jeu vidéo !
L’IA joue un rôle clé : elle reconnaît l’organe en temps réel et valide automatiquement la qualité de l’image. Lorsqu’un encadré vert apparaît, l’image est jugée exploitable et sauvegardée. Ce système garantit un diagnostic fiable, même entre les mains d’un utilisateur novice, tout en réduisant drastiquement le temps d’examen. Là où une échographie guidée depuis la Terre pouvait prendre plusieurs minutes, EchoFinder permet d’obtenir une image en une vingtaine de secondes.
Des applications bien au-delà de l’espace
Si l’ISS sert de banc d’essai, EchoFinder a été conçu dès l’origine avec des retombées terrestres.On parle d’un protocole autonome pour l’échographie, ce qui intéresse directement les déserts médicaux, souligne Jérôme Daniel, responsable de l’expérience au CNES. Le dispositif pourrait aussi être utilisé dans des environnements isolés ou confinés, comme des stations scientifiques reculées ou des sous-marins.
Sophie Adenot se veut très enthousiaste à l'idée de tester l'appareil : J’aime les expériences médicales parce qu’elles vont avoir un impact direct dans les prochaines années. En testant EchoFinder à bord de l’ISS, la France contribue ainsi à préparer la médecine des futures missions spatiales… tout en ouvrant la voie à des solutions innovantes pour la santé sur Terre.